Le fou du roi

Muse-hic' 2 seins:thèse

Pourquoi ?

Un peu de « culture»  !

« Les deux avatars modernes du fou du roi, idiot et scélérat, dérivent d’une figure qui a toujours été double. En effet il y a toujours eu deux variétés de bouffon : celle dite « naturelle » (…) qui comprend le malade mental et le simple d’esprit ; et celle dite « artificielle », l’expression la plus souvent employée en anglais étant « counterfeit fool », tandis qu’en français on lui préfère parfois à la Renaissance l’expression plus vague de « plaisant », inspirée de l’italien. Le deuxième type de bouffon n’est donc théoriquement que la copie, forcément imparfaite et de qualité moindre, du fol naïs. Pourtant, c’est l’amuseur professionnel qui fait irruption le premier dans la littérature européenne, en raison, certainement, de ses liens avec un puissant archétype : celui du Fripon ou trickster. À la Renaissance il devient l’un des personnages les plus appréciés des pièces de Shakespeare. Le dramaturge anglais nous a laissé quelques créations mémorables, qui continuent de hanter l’imagination contemporaine : le Fou de Lear, Touchstone, ou encore Feste, le fou de La Nuit des Rois. Et c’est bien le bouffon shakespearien qui est à l’origine du mythe moderne du fou de cour libre de toutes entraves, autorisé à dire ce qu’il pense et à faire ce qu’il veut en toute impunité. (…) »

Extrait d’un article de Tatjana Silec